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Les différentes nappes de pétrole qui dérivent au grès des courants sont autant de pièges mortels pour les oiseaux marins.
On peut distinguer l'aspect spectaculaire des accidents (marées noires) mais aussi la pollution sournoise causée par les dégazages "sauvages".

Premiers effets
Les oiseaux marins sont atteints fatalement de diverses façons. Le premier effet est la perte d'imperméabilité de leur plumage. Si l'eau glisse sur les plumes de l'oiseau, c'est que ce dernier est protégé par une couche de plumes qui se chevauchent comme les tuiles d'un toit.
Leur imperméabilité tient à leur structure. Les brins ou barbes de chaque plume sont liés par des rangées de minuscules crochets ou barbules en un tissu serré comme celui d'un imperméable que l'eau ne peut pas pénétrer. Les hydrocarbures détruisent cette imperméabilité en engluant les barbes et les barbules. L'eau froide imprègne rapidement le duvet isolant et atteint la peau.

Perte de flottabilité
Chez un oiseau en bonne santé, la température de son corps est de 41°C et s'y maintient grâce à l'ingestion de nourriture, la graisse sous-cutanée jouant le rôle de réserves d'énergie et d'une couche isolante additionnelle.
Lorsque la déperdition de chaleur augmente, l'équilibre est compromis. Par temps froid, les stress thermiques chez un oiseau englué sont deux fois plus élevés que chez un individu intact.
La quantité d'hydrocarbures est de peu d'importance, car même une petite quantité suffit à détruire cet équilibre.
L'oiseau imprégné d'eau brûle ses réserves adipeuses, perdant ainsi sa dernière couche d'isolation thermique. Cela a pour effet une perte de flottabilité et de capacité à voler.

Un cercle vicieux
Il ne peut se sauver qu'en consacrant encore plus d'énergie à la recherche de nourriture, processus ralenti et entravé par le poids supplémentaire des plumes mouillées. L'oiseau englué est pris dans un cercle vicieux qui lui laisse peu de chances de s'en sortir. L'hypothermie cause rapidement la mort des oiseaux et les oblige à gagner la côte, les rendant vulnérables aux prédateurs (goélands, chiens, renards…).
La réaction immédiate est de tenter de lisser son plumage, ce qu'il fait bien en vain. Il ne parvient pas en effet à restaurer le réseau complexe de barbes et de barbules qui assuraient initialement l'étanchéité des plumes.

Empoisonnement
Ce faisant, il inhale ou avale des hydrocarbures toxiques qui s'attaquent à son foie, ses poumons, ses reins, ses intestins ainsi qu'à d'autres organes internes. Bien que plus insidieux, cet empoisonnement s'avère à la longue aussi fatal que la perte d'étanchéité.
Absorbées par voie gastro-intestinale, ces substances provoquent une irritation du tube gastro-intestinal, une déshydratation, une anémie hémolytique, des anomalies hépatiques et des troubles à long terme affectant la reproduction (stérilité).

Effets à long terme...
Pour se rendre compte de la toxicité, il faut savoir que le mazout qui adhère aux plumes d'oiseau couveur peut traverser les pores, pénétrer dans la coquille de œuf et provoquer la mort de l'embryon ou provoquer certaines anomalies.

 

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