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Dès 1943, Greg Noll commence à surfer à Manhattan Beach, en Californie, et au début des années 50, il est déjà considéré comme une pointure de Los Angeles. C’est en 1954, à l’âge de 17 ans, qu’il se rend pour la première fois à Hawaï, où il vit dans une hutte pendant sept mois, et prend le goût des grosses déferlantes. Dès lors, il vient régulièrement y chevaucher des vagues de plus en plus impressionnantes. Trois ans plus tard, il est suffisamment entraîné pour s’attaquer à Waimea Bay, une plage devenue depuis mythique pour tous les surfeurs. Bien que la polémique soit fréquemment relancée quant à savoir qui, le premier, a osé affronter les vagues géantes et en a lancé la mode, le milieu reconnaît en Greg Noll son véritable pionnier, celui qui, en surfant sur Waimea Bay, a ouvert la brèche et redéfini les règles pour les 35 années à suivre…

 


 

Entre-temps, le jeune homme a pris une décision : vivre de sa passion à tout prix. Il publie les premiers magazines de surf et produit cinq films sur le sujet, tous intitulés SEARCH FOR SURF. Surtout, il développe sa propre marque, Greg Noll Surfboards, fondée dès les années 50, à l’époque où il taillait lui-même ses planches dans le garage familial. Ce qui le mène à ouvrir en usine flambant neuve en 1965, à Hermosa - à l’époque, la plus grande usine de planches de surf jamais construites.


 

 

 

Le nom de Greg Noll est ainsi devenu synonyme de vagues géantes ; mais l’homme est aussi surnommé Le Taureau, aussi bien pour son physique imposant (104 kilos pour 1 mètre 88) que pour sa technique rentre-dedans. On peut le voir dans pratiquement tous les films de surf tournés dans les années 50 et 60, chevauchant Waimea Bay avec son célèbre short à bandes noires et blanches modèle « prison ».

 

Le 4 décembre 1969, à Makaha, une plage tranquille de Hawaï, Greg Noll se retrouve face à la vague la plus immense de toute sa carrière. Il surfe seul, lorsqu’il tente de dompter une déferlante de presque trente mètres de haut, qu’il parvient à traverser, mais après laquelle il lui faut ramer pendant quarantes minutes afin de rejoindre la rive, épuisé. Cela restera la plus haute vague jamais surfée pendant plus de vingt ans. Mais pour lui, cet exploit sonne le glas de son éternelle quête de grands frissons. Comme il l’expliquera dans son autobiographie, DA BULL : LIFE OVER THE EDGE, publiée en 1989, cette expérience lui donnera l’impression de s’être retrouvé face à un grand trou noir, de vivre une expérience proche de la mort, et d’être allé trop loin dans sa passion du surf. C’est ainsi qu’il abandonne le milieu, ferme sa compagnie de planches de surf et part s’installer dans un mobile home en Alaska.

 


Il passe ensuite vingt ans à travailler dans le milieu de la pêche à Crescent City, en Californie. Mais sa passion de jeunesse le rattrape. Les années 80 marquent en effet un regain d’intérêt pour le surf, et Greg Noll retrouve la popularité qu’il avait de lui-même abandonnée. Il apparaît dans plusieurs documentaires, SURFER : THE MOVIE, LIQUID STAGE : THE LURE OF SURFING et 50 YEARS OF SURFING ON FILM. Son sens du commerce se révèle toujours aussi aiguisé en cette décennie 90 que dans les années 60 : il se remet à fabriquer lui-même des planches en bois comme celles qu’il peaufinait jadis dans son garage, et les vend au prix collector de 10.000 dollars pièce !

 

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